Marie était installée dans sa cuisine et tournait en rond. L’attente la rendait folle. Elle patientait depuis le réveil, mais là ! « Bon sang ! Quand vont-ils
téléphoner ? Allez ! Sonne ! S’il te plait, sonne ! Saleté de téléphone ! Bon ok. J’arrête de te maltraiter mais toi, par contre, tu te mets à sonner, hein ?! Voilà que je parle aux objets ! Je
deviens folle et si eux savent que je deviens folle ils…ha ! Il sonne ! Magique ! Époustouflant ! Génial ! Ben…réponds, Marie ! Assez de trouiller ! Réponds ! »
- Allo…Nath ? Merde.
- Tu attendais l’appel de ton amant ? Demanda Nath en riant
- Très drôle Nathalie. Le week-end était bien ? Marie était nerveuse. Cela s’entendait.
- Mais qu’est-ce que tu as, ma biche ?
Devant le silence de son amie, Nathalie proposa
- On pourrait se voir si tu veux ?
- Viens déjeuner ce midi. Nous parlerons si tu veux.
- Ok et je crois que cette fois-ci nous parlerons de toi. Il faudra que je te quitte vers 15 heures.
- OK mais, là, il faut que je te quitte. À tout à l’heure.
Marie ne lui laissa pas le temps de répondre et raccrocha au grand étonnement de Nathalie. Peu de temps après avoir parler avec son amie, le téléphone se remit à sonner. « Pourvu
que…oui. Pourvu que… ». Elle faillit hurler de joie quand la personne se présenta. Marie eu du mal a se contenir, et, après les présentations d’usage, elle écouta un moment puis
proposa un rendez-vous dans l’immédiat, le temps du trajet. Rendez-vous fut prit. La jeune femme prit son manteau et accrocha un petit mot à l’intention de son amie.
Quand elle sortit du bureau où elle y était restée plus d’une heure. Une phrase resta inlassablement dans son esprit. Marie ne pouvait chasser cette phrase. « Ne commencez pas comme ça ou
vous irez droit au suicide ! Vous n’êtes pas punie ! Il y a une anomalie qui est intraitable mais nous pouvons la contournée. ». L’amie de Nathalie se retrouva chez elle sans trop savoir
comment elle y était arrivée. Elle venait juste de s’apercevoir que le frigo était vide, ou presque, quand on sonna à la porte. Elle accueillit son amie en lui disant « Ça te va le chinois.
Oui, parce que je n’ai plus rien de mangeable dans mon frigo. Marc va me tuer. Je n’ai pas fait le ravitaillement. Zut. »
- Va pour moi ! On y va ? Je meurs de faim. J’ai faillit manger le représentant !
- Il était mignon ? Demanda Marie en montant dans la voiture de son amie.
- Même pas ! Il ne connaissait pas les produits qu’il essayait de me refourguer ! Il m’a vraiment tapé sur le système ! Mais je dois avouer qu’ils ont une antenne pour sentir que la
moutarde monte dangereusement. Il est partit assez vite. Conclut Nathalie, souriante.
Un peu plus tard, au restaurant, les deux jeunes femmes riaient sous capes des mésaventures du serveur avec une cliente récalcitrante et difficile.
- Alors, demanda Nathalie, C’était quoi ce coup de fil qui t’as fait perdre ton humour légendaire ?
- A ce point-là ? Excuse-moi. Vraiment ! Je ne me suis pas rendue compte que j’étais si infernale.
- Ce n’est rien mais si tu veux nous pouvons en parler. Si tu veux seulement. Ajouta Nathalie, prudente.
- J’ai finalement eu cette personne. J’ai été le voir tout à l’heure.
- Bon. Qui était-ce ?
- Mon médecin. Il m’a annoncé que…Marie avait la gorge nouée. Elle regardait le ventre rond de son amie. Marie ne pouvait plus parler. Elle était au bord des larmes.
- Quoi ? Nathalie lui prit la main. Marie lu l’inquiétude sur le visage de sa meilleure amie.
- Nath, je…je suis stérile. Je ne pourrais jamais avoir d’enfant. Moi qui voulais une famille nombreuse…je serai heureuse d’en avoir ne serait-ce qu’un !
L’épouse de Pierre poussa un soupir de soulagement. Devant la détresse de son amie, s’excusa.
- Marie, je suis désolée mais j’ai eu le temps de te voir malade avec des chimios. Enfin, soit. Marie ton médecin a peut-être parlé de plusieurs façons de devenir maman, non ? D’autres moyens que
la méthode «sous la couette naturelle »
- Oui. Mais je ne sais pas ce qu’il faut penser de tout ça. Ce n’est pas très naturel, la nature…
- Là, je t’arrête tout de suite ! Permets-moi de te dire que des hommes et des femmes, des chercheurs, se sont permis de penser qu’une femme qui le désire a le droit de pouvoir connaître la
maternité. Ne mêle pas Dieu à ça ! C’est une affaire d’homme, non, de femmes ! Tant que les demandes ne soient pas exagérées…comme avoir un garçon blond aux yeux verts. Agrémenté d’un Q.I. de 190
! Essayes 3 ou 4 fois…peut-être 5...oui c’est une bonne moyenne. 4 ou 5 tentatives. Si cela ne marche pas, et bien, il y a des tas d’enfants de part le monde qui ne demande que d’être aimé par
des personnes formidables comme toi et Marc.
- Nath…j’ai peur de…
- Vas-y. Crache le morceau ma belle. Nathalie avait dit cela avec une très grande douceur.
- Si Marc ne peux pas…en tout cas, pas avec moi !
- Non Marie. Marc t’aime à la folie. Il ne t’en voudra pas. Il sera inquiet pour toi. Mais il ne fera jamais ce qui te trotte dans la tête ! Non ! Jamais ! Ce que vous allez traverser est très
éprouvant mais vous êtes solides. Ton couple est en béton armé ! Sans exagération, cela peut être même enrichissant pour vous deux. Cela peut être très éprouvant aussi, mais tu es solide et Marc
aussi. Ton époux te soutiendra et toi tu le fera aussi. Cela ne peut que renforcer votre couple. J’en suis certaine.
- J’ai peur Nath.
- Si tu n’avais pas peur, c’est là que moi, j’aurai peur pour vous deux ! Je serais réellement inquiète ! Mais non. Tu es une personne, je me répète, tu es solide et ton couple aussi. Je suis là
aussi pour vous. Pierre et moi nous vous soutiendrons. Nous serons toujours là pour vous. Je t’aime comme une sœur et je n’aime pas savoir que tu souffres. Et…maintenant mangeons ! Je meurs de
faim et toi aussi. Je viens de le décider. Il y a intérêt que tu me suive !
- Tu as entièrement raison !
- Une fois n’est pas coutume ! S’exclama Nathalie en souriant à son amie. On leur apporta leur mets commandés et elles purent manger à leur faim et même plus.
- En parlant d’amour, moi, j’en connais une qui n’a pas trop à se plaindre ! En voyant le regard interrogateur, Marie ajouta la regarda tout sourire, mais toi, idiote. Pierre est fou
de toi ! Pierre te la prouver plus d’une fois; il me semble ?!
- Oui, peut-être…je lui en fait voir de toutes les couleurs et…le pauvre.
- S’il y a une chose qui est sûre, c’est bien votre amour l’un pour l’autre. Il t’aime, Nath ! Tu en doutes ?
- Non. Mais parfois je rêve et …pff !
- Quoi ? Tu recommences les cauchemars ? Demanda Marie d’une voix douce.
- Non, c’est autre chose…complètement dingue. Il me quitte pour elle. Tu comprends ça, toi ?
- Oui, je le comprends et si tu réfléchissais un peu à ce que tu viens de me dire…nous aurions un beau fou rire en ce moment. Au lieu de ça… réfléchis, Nath. Ce n’est pas vraiment de Pierre mais
de la situation d’avant. Comme tu n’aime plus Cédric…ben c’est Pierre. Enfin…je crois ! C’est toi la pro des rêves, moi….
Marie profita du silence pour observer son amie. « Elle est resplendissante mais…oui. Elle a maigrit. Dieu du ciel ! Mais combien de kilo a-t-elle perdu ? Comment ai-je fait pour ne pas le
voir immédiatement ? Mais elle est maquillée ! Pourquoi ? Elle ne se maquille jamais en journée surtout enceinte ! Que se passe-t-il ? »
- Nath ? Que se passe-t-il ?
- Tu te souviens, je devais voir ma sœur ? Elle a fait connaissance de mes beaux-parents. Ils ont sorti l’artillerie lourde. Bon sang ! Je ne les ai jamais vu comme ça. Les canons étaient dans du
velours. Les boulets étaient…géants ! Et ils ont tiré à feux et à sang !
Les deux jeunes femmes rirent jusqu’aux larmes. Les métaphores de Nathalie étaient toujours aussi particulières quand elle était nerveuse et étonnée par la situation qu’elle voulait décrire.
Quand elle finirent par se calmer.
- J’imagine très bien ta belle-mère préparer un canon ! Et encore mieux son mari !
- mon beau-père lui a dit qu’elle était une garce.
- Mince ! Là, j’ai du mal à voir la scène… Marie essayait de l’imaginée, mais secoua la tête. Vraiment pas possible. Elle poursuivit. Bon. Continue. A-t-elle répondu aux questions ?
- Oui. Une. Elle m’a dit pourquoi elle voulait reprendre Evy ! Cédric avait été sincère dans sa démarche.
- Et Célia ? Insista Marie devant le silence de son amie.
- C’était un plan pour que j’oublie Cédric. Nathalie avait les yeux pleins de larmes. Tu comprends ce que cela veux dire ? Ma fille n’a pas été désirée pour elle-même. Ma fille n’a pas été aimée.
Ils lui ont fait du mal. Ils lui ont dit que c’est moi qui l’avais abandonné pour poursuivre mes études, pour faire ma vie. Et en échange ? Pas d’amour, pas de réconfort, rien ! Non Marie. Elle
avait un bébé qui était plus que fatigant, qui ne la laissait pas se reposer…que crois-tu…qu’elle avait envie de consoler une enfant. Elle pleurait aussi…et…cela devait être l’enfer pour Célia.
Cédric travaillait. Il n’était pas constamment présent…tu vois où je vais là ?
- Oui. Mais…Nath, attends d’être sûre avant de la condamnée. Ce n’est peut-être pas ça.
- Ma sœur n’est pas Wonder-woman ! Elle n’a jamais eu cette patience face à la difficulté ! Elle a dût lui dire un truc du genre : je suis ta mère, maintenant c’est avec nous que tu vas vivre et
tu as du temps devant toi pour m’appelée maman ! Je suis fatiguée. Tu es grande. Occupe-toi toute seule.
- Nath ! Ce n’est peut-être pas aussi énorme !
- Je le saurai assez vite ! Car dans un peu moins d’une heure, j’ai rendez-vous avec Célia, Evy et le psy. Et crois-moi, si je découvre que c’est ainsi, il faudra que l’on me prouve par A+B que
j’ai tort de faire ce que je m’apprête à faire ! Je demande la garde des 3 enfants ! Rien ni personne ne pourra m’en empêcher ! Rien, tu entends ! Voilà ! Ça recommence. Je m’énerve et…
- C’est ainsi que tu perds du poids ? Combien de kilo a-tu perdu ? Cela commence à se remarquer très sérieusement. Que dis ton médecin ? Il est aussi inquiet que Pierre ? La situation de ta sœur
te fragilise et je donne raison à ton mari, quoiqu’il dise ! Sauf si il met en place un plan pour la tuer et qu’il veut que mon mari le suive ! Là, je dis non bien sûr ! Plaisanta Marie.
Nathalie lui rendit son sourire et en fut soulagée.
- J’exagère tant que ça ?! Nathalie était penaude.
- Oui…et non ! Va chez ce psy. Va voir ce qu’il en est réellement et pense à ces deux bébés dans ton ventre et aux deux autres aussi ! Tant qu’on y est ! Pense aussi que ton homme a entièrement
raison de s’inquiéter ! Ta sœur te gâche à nouveau la vie. Si tu ne mets pas un frein à tout ça, cela pourrait tourner très mal. Nous sommes tous inquiet pour toi. Pense à tes enfants, crénons
!
- je vais bien. Je vais très bien !
- Faux et tu le sais ! Ne commence pas à mentir ! Ne fais pas ça ! Reste sincère jusqu’au bout, sinon comment ferons nous pour te remettre à ta place, dans le droit chemin ? S’il te plait, reste
avec nous! Reste la femme que nous aimons. Fais attention à toi !
Un peu plus tard, les deux femmes se quittèrent en riant. Marie était inquiète pour sa meilleure amie. Elle prit le chemin du retour en pensant à tout ce qui avait dit. Marie décida d’en parler à
son époux. Elle avait une mauvaise nouvelle à lui annoncer. Les larmes montèrent dangereusement.







